Mais qu'arrive-t-il en Italie?

 

On y remet des crucifix dans les lieux publics, on y organise des cours d'exorcisme, on y incrimine Satan comme le grand organisateur du dérèglement climatique……et les femmes manifestent pour l'application d'un droit acquis en 1978: le droit à l'avortement.

 

Lorsque l'on vit à Bruxelles, on croit que ce sont des blagues. Mais non, on ne se moquait pas! Les femmes italiennes se voient remballées quarante ans en arrière.


En Belgique, pays de tradition catholique, l'avortement n'a été autorisé qu'en 1990 après une crise constitutionnelle qui bouscula la couronne du Roi Baudouin 1er se refusant à signer la loi autorisant l'avortement comme contraire à ses valeurs religieuses.

 

Dans la catholique Irlande, c'est grâce au référendum de 2018 que les irlandaises peuvent  disposer du choix de la maternité ou de l'IVG. Auparavant, l'avortement était considéré comme un crime passible de poursuites pénales.

 

Que s'est-il donc passé en Italie pour que les femmes manifestent pour un droit acquis depuis 1978? La réponse est simple. La loi 194/78 n'a pas été abrogée mais 70 à 93% des médecins refusent de pratiquer l'IVG au nom de la clause de conscience.

 

Pratiquement, une grande majorité d'italiennes ne peuvent plus avorter. Si l'homme italien a un droit sur sa propre vie, la femme est redevenue un bien meuble sans pouvoir décider de son corps et de sa vie. Une cartographie du refus d'accès à l'IVG montre que les médecins du sud de la péninsule et la Sicile sont majoritaires à plus de90% à se retrancher derrière la clause de conscience.

 

Cette clause de conscience permet à un médecin de refuser de pratiquer un acte médical contraire à ses convictions religieuses et philosophiques personnelles. Le nombre impressionnant de médecins refusant la pratique de l'IVG privent les femmes de leur droit à décider de leur corps. Que faire? Où aller en cas de grossesse non désirée, voire en cas de viol?

 

Sans évoquer un machisme culturel qui relègue la femme à un citoyen de seconde zone, ces 40ans de régression interpellent dans l'espace de l'UE.

 

Le gouvernement actuel, coalition de la Ligue d'extrême-droite et du mouvement populiste 5 Etoiles, ne cache pas son opposition à l'avortement et au statut de la femme dont il menace de raboter les droits.La famille traditionnelle est au cœur de projets de loi en gestation.

 

Mais ce gouvernement a reçu un solide coup de pouce du Vatican.

 

Le 10 octobre 2018, dans son homélie, le Pape déclare:" Est-il juste de mettre fin à une vie humaine pour résoudre un problème?....Est-il juste de louer un tueur à gages?"

 

Ce même Pape a admis publiquement les viols de religieuses par des prêtres auxquels elles doivent obéissance. Ces abus sexuels dénoncés par un film documentaire produit par le journaliste Colomer et diffusé sur la chaîne ARTE, ont été établis sur un rapport interne de l'Eglise. Ce rapport rédigé par des sœurs à l'adresse du Vatican démontre les viols systémiques de religieuses. Certaines ont eu recours à l'avortement….ou ont accouché, forcées de proposer ensuite leur enfant à l'adoption.

 

L'influence grandissante de l'Eglise sur les esprits et la société apparaît clairement dans le système de santé. De plus en plus d'hôpitaux ouvrent leur porte grâce au Vatican : ainsi la Mater Olbia Hospital, l'hôpital Gemelli sont flambant neufs.

 

Les hôpitaux et cliniques privés peuvent refuser de pratiquer l'avortement.


C'est à Vérone qu'a eu lieu la première grande manifestation  des femmes et des hommes réclamant que le droit acquis à l'avortement depuis quarante ans soit respecté. La ville, via un conseiller municipal de la Ligue, a décidé de financer des associations catholiques opposées à l'IVG.

 

Le ministre de la famille, M. Fontana de la Ligue, soutient cette mesure qui ne fait qu'appliquer la loi " en aidant une femme à choisir de sorte qu'elle puisse porter sa grossesse à  son terme". Les manifestants ont déclaré: "Nous sommes en colère car cette motion est un symbole du lien aujourd'hui- à Vérone et en Italie- entre l'extrême -droite et le catholicisme"


Vue de Bruxelles, cette politique formate une société italienne qui menace les femmes dans leurs droits fondamentaux. A quand l'apologie de la femme au foyer, la régression de la contraception …? Quand une politique s'en prend aux droits des femmes, il faut s'alarmer ; cette tentation liberticide ne ranime-t-elle pas de vieux démons "kinder, küche, kirche " (enfants, foyer,église) maître mots du troisième reich?

 

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